Vous avez demandé trois devis et reçu trois prix qui n'ont rien à voir : 590 €, 2 400 € et 9 000 €. Vous n'êtes pas fou, et personne ne vous ment forcément. Ces trois devis ne décrivent simplement pas le même travail. Voici ce que chaque budget achète réellement, en Belgique, en 2026.
Les fourchettes réelles, poste par poste
Ces montants correspondent à ce qui se pratique chez les développeurs indépendants belges. Ils intègrent la conception, le développement, la mise en ligne et une première prise en main — pas les coûts récurrents, que nous verrons plus bas.
| Type de site | Chez un indépendant | Ce que ça couvre |
|---|---|---|
| Une seule page (landing) | 500 – 1 200 € | Une page longue, un formulaire, un bouton d'appel. Pour lancer une activité ou une offre. |
| Site vitrine, 5 à 10 pages | 1 400 – 2 800 € | Design sur mesure, référencement local, contenus que vous modifiez vous-même. |
| Site avec réservation | 2 500 – 4 500 € | Agenda en ligne, confirmations automatiques, parfois acompte à la réservation. |
| Boutique en ligne | 2 900 – 6 000 € | Catalogue, paiement sécurisé, gestion des commandes, stocks, transporteurs. |
| Plateforme sur mesure | 8 000 € et plus | Comptes utilisateurs, métier spécifique, connexions à vos autres outils. |
À retenir
Neuf indépendants sur dix ont besoin de la deuxième ligne. Si on vous propose la cinquième alors que vous avez décrit la deuxième, changez d'interlocuteur.
Pourquoi trois devis peuvent varier d'un facteur cinq
Le mot « site » ne décrit rien du tout. Trois variables expliquent l'essentiel de l'écart, et un devis honnête les rend visibles.
1. Le design est-il dessiné, ou acheté ?
C'est le premier facteur, et de loin. Adapter un thème acheté 60 € aux couleurs d'un client prend une à deux journées. Dessiner une interface pour une activité précise, puis la coder, en prend cinq à quinze. C'est toute la différence entre un site correct et un site qui ne ressemble qu'à vous — et c'est aussi toute la différence de prix.
Aucune des deux approches n'est malhonnête. Ce qui l'est, c'est de facturer la seconde en livrant la première. Demandez toujours : « ce design est-il unique, ou est-ce un thème ? » La réponse est binaire, et elle doit figurer dans le devis.
2. Combien de fonctionnalités réelles
Une page qui présente votre activité et une page qui encaisse un paiement n'ont rien en commun techniquement. Chaque brique ajoute du travail, mais surtout du travail invisible : les cas d'erreur, les remboursements, les e-mails automatiques, la conformité. Paiement en ligne, réservation, compte client, multilingue, connexion à votre logiciel de facturation : chacune de ces lignes déplace le devis de plusieurs centaines d'euros.
3. Qui écrit les textes et fournit les photos
C'est le poste le plus systématiquement sous-estimé, par les clients comme par les prestataires. Si vous arrivez avec vos textes et vos photos, on démarre immédiatement. S'il faut les produire, comptez plusieurs jours de travail supplémentaires — et c'est aussi ce qui explique qu'un projet « de deux semaines » en prenne parfois deux mois. Ce n'est presque jamais le code qui retarde un site : ce sont les contenus.
Indépendant ou agence : l'écart s'explique
Pour un périmètre identique, une agence belge facture couramment 4 000 à 12 000 € là où un indépendant demande 1 400 à 3 000 €. Ce n'est pas de la marge arbitraire : une agence fait intervenir un commercial, un chef de projet, un designer et un développeur, et porte des bureaux, une équipe et des congés payés.
Vous payez donc une structure — qui apporte des choses réelles : une continuité si quelqu'un part, une capacité à absorber un gros projet, parfois un vrai service marketing. Pour un site d'indépendant ou de commerce, en revanche, cette structure devient surtout une série d'intermédiaires entre vous et la personne qui fait le travail. Chaque passage de main coûte du temps, de l'argent, et un peu de votre intention d'origine.
La bonne question
Ce n'est pas « indépendant ou agence ? » mais « de combien de personnes ce projet a-t-il besoin ? ». Pour un site vitrine, la réponse est une. Pour refondre l'intranet d'une entreprise de 200 personnes, elle ne l'est pas.
Les coûts qu'on oublie toujours
Le devis de création n'est qu'une partie de la dépense. Un site est un objet vivant qui coûte un peu, tous les ans, pour rester en ligne et en sécurité.
- Nom de domaine — 15 à 30 € par an. C'est votre adresse : veillez à ce qu'elle soit à votre nom, pas à celui de votre prestataire.
- Hébergement — 60 à 250 € par an pour un site vitrine, davantage pour une boutique. Un site statique bien construit peut coûter quasiment zéro.
- Certificat de sécurité (HTTPS) — gratuit aujourd'hui dans l'immense majorité des cas. Si on vous le facture 150 € par an, posez des questions.
- Maintenance — 25 à 100 € par mois selon ce qui est couvert. Mises à jour de sécurité, sauvegardes, petites modifications.
- Les évolutions — le poste vraiment imprévisible. Un site qui sert vraiment donne toujours envie d'ajouter quelque chose au bout de six mois.
En pratique, comptez un budget de fonctionnement annuel entre 300 et 1 500 € pour un site professionnel classique. C'est l'ordre de grandeur d'une assurance : peu visible, et douloureux à négliger.
Et les sites à 29 €/mois ?
Wix, Squarespace, Shopify et les formules belges « à partir de 69 €/mois » sont de vrais produits, et ils rendent de vrais services. Trois choses méritent d'être sues avant de signer.
D'abord, l'arithmétique. 69 € par mois pendant quatre ans, c'est 3 312 €. Vous n'économisez pas : vous étalez, ce qui est parfaitement légitime si votre trésorerie l'exige. Dites-le simplement à voix haute avant de choisir.
Ensuite, la propriété. Dans une formule locative, vous louez. Si vous arrêtez de payer, le site s'éteint, et vous ne partez généralement pas avec. Vérifiez ce point dans le contrat avant tout le reste : c'est le seul qui soit irréversible.
Enfin, la ressemblance. Ces plateformes proposent quelques centaines de modèles pour des centaines de milliers de sites. Votre concurrent direct a de bonnes chances d'utiliser le même. Pour certains métiers, c'est sans importance. Pour un artisan, un artiste ou un restaurant, c'est précisément ce qui devait vous distinguer.
Comment lire un devis sans être du métier
Vous n'avez pas besoin de comprendre la technique. Quatre questions suffisent à séparer un devis sérieux d'un devis flou.
- Le design est-il unique ou basé sur un thème ? La réponse doit être écrite, pas orale.
- Le nom de domaine sera-t-il à mon nom ? Si la réponse hésite, c'est non — et c'est un problème sérieux.
- Que se passe-t-il si je veux partir dans deux ans ? Un bon prestataire répond « vous partez avec tout » sans réfléchir.
- Qui écrit les textes ? Si ce n'est pas écrit, c'est vous — et ça arrivera au pire moment.
Un devis qui répond clairement à ces quatre questions vaut mieux qu'un devis moins cher qui les évite. C'est aussi vrai du mien que de celui des autres : exigez-le.
Alors, combien pour votre site ?
Si vous êtes indépendant, artisan, commerçant ou artiste en Wallonie et que vous voulez un site qui vous ressemble vraiment : entre 1 400 et 2 800 €, une à trois semaines de délai, et environ 300 € par an pour le faire vivre. C'est la réponse honnête dans neuf cas sur dix.
Si votre projet sort de ce cadre, un échange de trente minutes suffit à le savoir — et je vous le dirai franchement, y compris quand la bonne réponse n'est pas moi.
Ce que coûterait votre site, précisément
Décrivez-moi votre activité en quelques lignes. Vous recevez sous 24 h un devis ferme et détaillé, gratuit et sans engagement.
Vincent Buron — Digital Concept, Neupré (Liège). 25 ans de métier, un seul interlocuteur.